À propos du vrai et du faux

di Giorgio Agamben


Un dipinto di Lorenzo Lippi (1606-1665) al Museo di Angers: una donna, una maschera e una melagrana.

Comme on pouvait s’y attendre, la phase 2 confirme par décret ministériel à peu près les mêmes  restrictions de libertés constitutionnelles que seule une loi permet de limiter. Mais tout aussi importante est la limitation d’un droit humain qu’aucune constitution ne garantit : le droit à la vérité, le besoin d’une parole vraie.

Ce que nous sommes en train de vivre, avant d’être une manipulation inouïe de la liberté de chacun, est en fait une gigantesque opération de falsification de la vérité. Si les hommes consentent à limiter leur liberté personnelle, c’est parce qu’ils acceptent les données et les opinions que leur fournissent les médias sans les soumettre à aucune vérification. La publicité nous a habitués depuis longtemps à des discours qui agissent d’autant plus efficacement qu’ils ne prétendent pas être vrais. Et cela fait également longtemps que le consensus politique s’obtient sans conviction profonde, tenant en quelque sorte pour acquis que la vérité n’entre pas en jeu dans les discours électoraux. Ce qui est actuellement en train de se dérouler sous nos yeux est cependant quelque chose de nouveau, au moins parce que notre mode de vie même, l’entièreté de notre existence quotidienne dépendent de la vérité ou de la fausseté du discours passivement accepté. Il serait donc urgent que chacun cherche à soumettre tout ce qui lui est proposé au crible d’une vérification minimum.

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