Citoyens de seconde zone

di Giorgio Agamben

Comme cela arrive chaque fois que s’instaure un régime despotique d’exception et que les garanties constitutionnelles sont suspendues, le résultat est, comme pour les Juifs durant le fascisme, la discrimination d’une catégorie d’hommes, qui deviennent automatiquement citoyens de seconde zone. C’est à cela que vise la création du dénommé green pass (passe-sanitaire). Le fait que, dans la communauté scientifique, on continue de débattre sur la sécurité et l’efficacité des vaccins prouve qu’il s’agit d’une discrimination fondée sur des convictions personnelles et non sur une vérité scientifique objective : selon l’avis de médecins et de scientifiques qu’il n’y a aucune raison de ne pas écouter, les vaccins ont été produits à la hâte et sans l’expérimentation requise.

Malgré cela, ceux qui, s’en tenant à leur propre conviction libre et fondée, refusent de se faire vacciner, se verront exclus de la vie sociale. La déclaration irresponsable d’un politique nous fournit une preuve que le vaccin  se transforme ainsi en une sorte de symbole politico-religieux destiné à créer une discrimination entre les citoyens : faisant référence à ceux qui ne se font pas vacciner, il a dit : « nous les purgerons avec le green pass », sans s’apercevoir qu’il utilisait l’argot fasciste. Le passe-sanitaire fait de ceux qui en sont privés les porteurs d’une étoile jaune virtuelle.

Le fait dont il s’agit devrait être jugé d’une extrême gravité politique. Que devient un pays au sein duquel est créée une classe discriminée ? Comment peut-on accepter de vivre au côté de citoyens de seconde zone ? Le besoin de discriminer est vieux comme le monde, des formes de discrimination existaient certainement même dans nos sociétés dites démocratiques ; mais que ces discriminations de fait soient consignées dans la loi est une barbarie que nous ne pouvons pas accepter.

16 juillet 2021

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