L’exilé et le citoyen

Pour tous ceux qui ont des yeux pour voir, il est évident que les états dans lesquels nous vivons sont entrés dans une situation de crise et de détricotage progressif et inéluctable de toutes les institutions. Dans un tel contexte où la politique disparaît au profit de l’économie et de la technologie, il est fatal que les citoyens deviennent de fait des exilés dans leur propre pays. C’est cet exil interne qu’il convient aujourd’hui de revendiquer, en le faisant passer d’une condition passivement subie à une forme de vie choisie et activement menée. Là où les citoyens ont perdu jusqu’au souvenir de la politique, seuls ceux qui sont en exil dans la cité resteront à faire de la politique. Ce n’est que dans cette communauté des exilés, dispersée dans la masse informe des citoyens, que quelque chose comme une nouvelle expérience politique peut ici et maintenant devenir possible.

7 novembre 2024

[Traduzione di Annie Gamet di Giorgio Agamben, L’esule e il cittadino, in Una voce. Rubrica di Giorgio Agamben, Quodlibet]

Questa voce è stata pubblicata in Filosofia, Politica, Traduzioni di Annie Gamet e contrassegnata con . Contrassegna il permalink.

Lascia un commento

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *