di Gianluca Virgilio

Que sais-je de ce qu’il se passe en Ukraine quatre ans après le début de la guerre ? Je sais que le pays est détruit, que beaucoup de ceux qui ne se sont pas réfugiés à l’étranger (et ils sont des millions) vivent dans le froid et sous les bombes, je sais que des milliers de gens sont morts et qu’il en meurt encore beaucoup chaque jour, inutilement. La guerre se poursuit, sans que la diplomatie puisse faire quoi que ce soit. Les marchands d’armes s’enrichissent, les peuples s’appauvrissent. Les Européens comptent sur la défaite de la Russie, la Russie sur la défaite de l’Europe. Le bon sens dit que cela ne peut pas durer ainsi, qu’il va nécessairement se produire quelque chose, quelque chose de grave, de très grave ; en effet, l’un des deux camps pourrait-il capituler sans utiliser d’abord le « remède » extrême à ses propres fins ? À l’ère atomique, comment ne pas craindre qu’une guerre aussi longue et destructrice ne puisse se terminer que de cette façon ?
De cette guerre, je connais les revendications russes : le Dombass, la neutralité de l’Ukraine et son maintien hors de l’OTAN : ce que l’Europe n’accepte pas. Les États-Unis semblent maintenant s’être retirés après avoir fomenté la guerre, mais c’est un retrait purement formel, une tactique commerciale : la vente de leurs armes aux Européens va leur rapporter énormément d’argent ; mettons les choses en perspective, cela signifie que si l’Europe fait directement la guerre à la Russie, elle sera le bras des Américains, exactement comme l’Ukraine l’est aujourd’hui. Les États-Unis savent bien qu’ils ne peuvent pas s’engager dans une guerre directe contre la Russie, ils l’ont toujours su, il leur faut donc quelqu’un qui le fasse à leur place. Ah ! Ils sont intelligents les responsables politiques de l’UE ! Ils veulent une grande armée, extrêmement puissante ; et pour quoi faire ? Mais pour faire la guerre à la Fédération de Russie bien sûr, pour le compte des Américains !
Cette Europe-là n’est pas pour moi. Je rêve d’une Europe qui soit parfaitement intégrée à l’Eurasie, où l’on puisse circuler sans tomber sur des barbelés, des tranchées et des terrains minés. Je rêve d’un train qui me mènerait de Rome à Lisbonne, puis de Lisbonne à Vladivostok et à Pékin en un long voyage serein, un train dont je descendrais et que je reprendrais selon mon bon plaisir, sans aucune douane, dans le libre échange des marchandises et des idées. Le rêve atlantiste de nos ancêtres s’est transformé en cauchemar, cauchemar de la guerre actuelle, de celle de demain, de la guerre sans fin, de la guerre civile… De ce cauchemar, il faudrait se réveiller en hâte, avant qu’il ne soit trop tard.
[Traduzione di Annie Gamet]




































































